Le défenseur central algérien, Madjid Bougherra (26 ans), est un footballeur comblé. Vainqueur du championnat et de la Coupe d’Écosse avec les Glasgow Rangers, il rêve désormais de Coupe d’Afrique des nations et de Coupe du monde. Avant de profiter de quelques jours de vacances, il a accepté de faire le bilan de sa saison.
On suppose que vous garderez un excellent souvenir de votre séjour en Afrique australe et de ce match contre la Zambie?
Ce sera gravé pour toujours dans ma mémoire. Avec le groupe, j’ai vécu une semaine de folie. Un superbe stage, ponctué par une victoire historique à l’extérieur, et je marque un premier but décisif. Je ne pouvais espérer mieux. Je suis heureux !
En Zambie, il y avait une impression de sérénité avant et pendant le match. C’est la nouvelle marque de fabrique de l’équipe d’Algérie ?
Ce n’est pas une impression, c’est une réalité. L’équipe a fait de sacrés progrès dans ce domaine. Il n’y a plus de nervosité. Nous ne paniquons plus au moindre coup dur. L’adversaire ne peut plus jouer sur cette faiblesse que le footballeur algérien a longtemps traînée. Le groupe connaît ses forces et ses faiblesses. Vous avez raison d’insister sur cette avancée.
Le rôle du sélectionneur Rabah Saâdane est certainement important dans ce domaine ?
Absolument. Le coach est un homme posé, réfléchi, riche d’une longue expérience. Son "self-control" déteint sur nous. Il a toujours les mots qu’il faut pour nous encourager, pour nous persuader que nous pouvons y arriver. En Zambie, il a été le premier à évoquer la possibilité d’une victoire. Il sait transmettre ses certitudes. En même temps, il n’hésite pas se mettre en retrait afin de laisser le groupe vivre sa vie.
Votre entente avec Rafik Halliche et Antar Yahia saute aux yeux. Pourtant, vous n’avez pas souvent joué ensemble ?
Rafik est certes jeune, mais il a une réelle envie de bien faire, d’apprendre et de s’imposer. Quant à Antar, il a déjà une expérience appréciable du très haut niveau. Nous évoluons bien ensemble, mais cela ira encore mieux après quelques réglages.
On peut dire sans se tromper que l’Algérie a retrouvé une grande défense…
Vous mettez le projecteur sur la défense, mais il ne peut exister de grande défense si les joueurs du milieu de terrain et ceux de l’attaque ne jouent pas leur rôle. Si la défense inspire confiance, c’est parce que tout le monde fait son job. La solidarité, voilà le secret.
Peut-on considérer le match Algérie-Egypte comme le match référence tant attendu ?
Je partage cet avis. Le match contre les Egyptiens constitue une référence technique pour l’équipe. Un match que nous avons construit, maîtrisé, dominé, sans trembler, malgré l’enjeu colossal. Nous l’avons fait devant une des plus belles formations du continent. En Zambie, dans un autre contexte, nous avons rompu une spirale. L’Algérie ne gagnait plus hors de ses bases, elle renoue avec le succès. Oui, en pourra se servir de ces deux matches dans le futur.
Retrouvez la suite de l'interview vendredi
Propos recueillis par Fayçal Chehat (Rédaction FootSud)