Thomas Dossevi, quel est votre sentiment par rapport à la décision de la CAF qui a annoncé que le Togo était disqualifié ?
Nous sommes déçus d'être éliminés, tout simplement. Nous avions émis un souhait qui était de pouvoir revenir pour notre match contre le Burkina et de reprogrammer le match du Ghana le 20 ou le 21 janvier, étant donné que notre dernier match contre la Côte d'Ivoire était prévu le 19. Notre but était de prendre nos trois jours de deuil puis de revenir en Angola et d'y faire honneur sur le terrain à nos morts.
Pensiez-vous que la CAF répondrait favorablement à votre demande ?
Honnêtement, oui. Nous pensions vraiment que la CAF allait faire un effort, sachant que ce qui est arrivé est vraiment quelque chose d'exceptionnel et de grave. C'est pour cette raison que nous pensions vraiment qu'on nous ferait une faveur.
Comment le groupe a-t-il accueilli cette décision de la CAF de vous disqualifier ?
Nous aimerions que la CAF comprenne qu'en nous sortant, elle nous ferait subir une double sanction. Déjà que nous avons une perte sur le plan humain… Tous les efforts que nous avons fournis seraient vains, sous prétexte uniquement que la CAF décide de nous éliminer. Ce serait vraiment quelque chose de grave.
Quel accueil avez-vous reçu à votre retour au Togo ?
Un accueil magnifique et très chaleureux. Nous sommes arrivés vers minuit à l'aéroport de Lomé mais il y avait quand même beaucoup de gens. Nous avons reçu beaucoup de soutien, c'était vraiment très fort.
« Jouer pour nos morts »
Revenons quelques heures en arrière. Comment est née la décision de vouloir revenir en Angola pour participer à cette CAN ?
Ça a été une décision unanime. En fait, le déclic pour nous a été le moment auquel la délégation ivoirienne est venue nous annoncer en début de soirée qu'elle souhaitait finalement participer à la CAN. Ensuite, nous avons réfléchi puis nous avons eu des nouvelles de notre gardien de but. Nous avons appris qu'il était sorti d'affaires et ça a créé comme un déclic au sein du groupe. Nous nous sommes alors dit que nous ne pouvions pas en rester là. Et qu'il fallait jouer. Au moins pour nos morts.
N'avez-vous pas eu l'impression dans cette affaire que les Ivoiriens vous ont un peu abandonnés ?
C'est clair qu'on se sent un peu lésés et délaissés. Mais la vie continue et comme nous l'avons dit aux Ivoiriens, ce qui nous est arrivé pourrait très bien leur arriver à eux, comme aux Burkinabè ou aux Ghanéens. Pour l'instant, nous sommes un peu déçus et nous continuons d'espérer que la CAF acceptera de nous reprendre après nos trois jours de deuil national pour que nous puissions revoir les Togolais sur le terrain. Là, ça semble difficile et c'est une grosse déception.
Votre retour au Togo auprès de vos supporters et le fait d'apprendre que votre gardien était hors de danger ont-ils un peu ramené le sourire au sein de votre groupe ?
Nous sommes soulagés de le savoir sorti d'affaires, bien sûr. Maintenant, ce qui nous intéresse, c'est de participer à cette CAN. Car le meilleur moyen de faire honneur à nos morts est de jouer et de se battre pour eux.
Qu'allez-vous faire si la CAN vous disqualifie définitivement ?
Si la décision de la CAF est validée, nous retournerons tous dans nos clubs, d'ici la fin de semaine pour la plupart. Ça va être difficile de se remettre de ce drame mais encore une fois, la vie continue et il va falloir se remettre de tout ça progressivement. Etre fort psychologiquement et arriver à surmonter la douleur.