C’est auréolé de son récent titre de champion du monde obtenu avec son club du FC Barcelone que Seydou Keita va arriver en Angola. Un trophée de plus pour le milieu de terrain. Avec les Blaugrana, le Malien aura tout raflé cette année en Europe, que ce soit la Liga, la Coupe d’Espagne, la Ligue des Champions ou encore la Super Coupe d’Europe. Des succès dans lesquels le natif de Bamako aura à chaque fois joué un rôle, apparaissant régulièrement dans le onze catalan (même si ce n’était que quelques minutes lors de la finale de la Ligue des Champions). Une trajectoire hors du commun pour le joueur, passé par le centre de formation « Salif Keita », son oncle, avant de tenter sa chance en Europe. Il débarque ainsi à Marseille en 1999, peu de temps après le Mondial des moins de 17 ans durant lequel il fut sacré meilleur joueur du tournoi.
Sur la Canebière, Seydou Keita joue peu – seulement six matchs en Ligue 1 avec l’OM – et décide de partir pour accumuler du temps de jeu. Prêté à Lorient, alors en Ligue 2, il va participer activement à la montée des Merlus et s’engager définitivement avec le club breton. La saison suivante, après la relégation de son équipe, il signe à Lens. Il restera cinq ans chez les Sang et Or, remportera son premier trophée (la Coupe de France en 2002) et deviendra le capitaine du club de Gervais Martel. A la fin de son contrat, il rejoint le FC Séville où il s’impose rapidement comme l’un des meilleurs milieux de terrain du championnat espagnol et tape dans l’œil de Pep Guardiola, l’entraîneur du Barça, qu’il rejoint la saison suivante pour quatorze millions d’euros.
Dans le même temps, celui que l’on surnomme Seydoubilen s’est également imposé comme un membre indiscutable chez les Aigles du Mali depuis sa première sélection qui remonte à 2002. Avec Mohamed Sissoko (Juventus) et Djila Diarra (Real Madrid), ils forment un milieu de terrain sans équivalent sur le continent africain au niveau physique. Mais ils n’ont pas eu souvent l’occasion d’être alignés ensemble ces dernières années, du fait notamment des blessures qui n’ont pas épargné ses deux coéquipiers. Des absences qui ont pesé durant les qualifications pour le Mondial puisque le Mali n’a pas réussi à valider son ticket pour l’Afrique du Sud. Vice-capitaine de l’équipe nationale, le milieu de terrain qui fêtera ses 30 ans le 12 janvier (deux jours après l’entrée en lice de son pays dans cette CAN 2010) s’est montré fataliste après l’élimination des siens pour cette première Coupe du Monde sur le sol africain. « Pour un joueur de football, cela est très dur à supporter, expliquait-il. Surtout quand on joue dans des clubs où tous les joueurs y participent et ne parlent que de cette compétition. »
Il lui reste désormais la Coupe d’Afrique des Nations que le Mali n’a jamais remportée et dont la meilleure performance reste une seconde place obtenue en 1976. En Angola, les Aigles auront fort à faire dans une poule qui comprend le pays hôte et l’Algérie. Pour ce rendez-vous, le sélectionneur Stephen Keshi compte bien sur toutes ses stars qui devraient répondre présentes. S’il a privilégié son club au détriment de la sélection ces derniers mois, Seydou Keita, nominé pour le Ballon d’Or africain cette année, a quant à lui rassuré les supporters maliens sur sa présence pour cette CAN. Où il espère bien commencer l’année 2010 comme il a terminé la précédente : sur un trophée.
Frédéric SERGEUR