Malgré l’imminence du quart de finale face au Mali, Gernot Rohr n’a rien changé à ses habitudes. C’est avec un large sourire et une apparente décontraction que le sélectionneur du Gabon s’est adressé aux journalistes, ce dimanche en début d’après-midi à la résidence Nomad. D’abord flanqué de deux de ses poulains, Lévy Madinda et André Biyogho-Poko, le technicien franco-allemand n’a esquivé aucune question. Au premier rang de bien des préoccupations, les retrouvailles avec son ancien coéquipier des Girondins de Bordeaux, Alain Giresse, occasion d’une petite guerre psychologique. Verbatim.
Le match le plus important de l’histoire du Gabon ?
« Les 3 premiers matches étaient déjà très importants. Mais celui-là offre une occasion d’atteindre les demi-finales, ce qui permettrait à cette équipe d’entrer dans l’histoire. Mais il ne faut pas que les joueurs y pensent avant d’entrer sur le terrain »
Le Gabon favori ?
« Donner le Gabon vainqueur, ce n’est pas le discours chez les Maliens ; ils disent nous connaître tellement bien que, si on les écoutes, ce match sera une simple formalité. On est partis dans le doute, la pression était plus forte avant le premier match. Maintenant, les joueurs sont en confiance. Mais il faut éviter l’excès de confiance. J’y travaille. »
Gabon - Mali ou Rohr - Giresse ?
« Alain Giresse pense qu’il va gagner parce qu’ils nous connaissent mieux que nous on les connaît. J’ai moi-même connu cette situation en Coupe d’Europe. J’ai joué une finale contre mon ancien club, le Bayern Munich, et j’ai perdu. Alors… C’est de bon augure. On est tous un peu superstitieux. J’ai eu la chance déjà avec les Girondins de jouer contre « Gigi » quand il était à l’OM et, déjà, on était sortis vainqueurs la plupart du temps. » (avec le sourire)
Des craintes face au Mali ?
« Je ne crains rien chez les Maliens. Je respecte cette équipe, pour la qualité de l’effectif, pour la qualification dans un groupe difficile, pour le palmarès de certains joueurs, alors que nous n’avons personne qui joue au Barça, par exemple. Mais on a déjà connu cette situation contre le Maroc ou la Tunisie et on a gagné quand même… Le Mali, c’est très fort physiquement. Mais on a la qualité pour les battre. »
Les jeunes auront-ils la force mentale nécessaire ?
« Je n’en doute pas. Ces jeunes-là sont très forts mentalement. Ils ont commencé à jouer dans des conditions difficiles au Gabon et ont maintenant, pour certains, la chance de jouer en Europe. C’est mon travail de leur donner de la confiance, mais aussi d’éviter l’excès de confiance. Je cherche l’équilibre. On l’a trouvé sur les premiers matches. On va continuer… Ces jeunes n’ont pas joué avec AG. Je les ai trouvés dans les provinces du G. Ils ne le connaissent pas. Lui ne les connaît pas non plus. Je pense que l’équipe qui va gagner sera celle qui le voudra le plus. »
En cas d’échec dimanche, satisfaction du parcours accompli ou frustration ?
« Cela ne va pas s’arrêter demain, je vous rassure. Cela ne va pas être facile. Mais je ne n’envisage pas cette élimination. Alors je ne répondrai pas à cette question. »
Propos retranscrits par Patrick Juillard, à Libreville (Rédaction Football365/FootSud)