Défenseur international slovène, non retenu pour la Coupe du monde, Luka Elsner a regardé Algérie - Slovénie avec une attention toute particulière. Retourné au NK Domzale après six mois à l’Austria Kärnten (Autriche), le joueur formé à l’OGC Nice débriefe cette rencontre en exclusivité pour nous.
Luka, vous avez regardé Algérie-Slovénie, on s’est ennuyé ferme !
Oui. Il y a dans ces premiers matches une certaine crispation. Sans doute la peur de mal démarrer. On l’a vraiment senti cet après-midi. Le manque d’ambition et de rythme étaient évidents. Il y avait un excès de prudence. Je ne dirais pas que les sélectionneurs avaient demandé aux joueurs de viser le 0-0, mais on aurait pu le penser.
Les deux équipes n’ont pas montré grand-chose…
Oui, c’était un match assez pénible à regarder, avec très peu d’actions fluides.
La Slovénie a débloqué la situation sur une erreur incroyable du gardien algérien, Faouzi Chaouchi. Jabulani, le ballon très critiqué, y est-il pour quelque chose selon vous ?
Le ballon a des trajectoires spéciales, j’ai pu m’en apercevoir et certains joueurs de la sélection avec qui j’ai parlé me l’ont confirmé. Cela a dû jouer, mais il y a à la base une énorme faute du gardien. Je la mettrais presqu’au même niveau que celle de Robert Green, samedi face aux Etats-Unis.
Avez-vous été surpris par la faiblesse offensive de l’Algérie ?
J’ai récemment parlé de cette équipe avec Slavisa Stojanovic, mon ancien coach à Domzale et actuel adjoint de Srecko Katanec à la tête de la sélection des Emirats arabes unis. Ils ont affronté les Fennecs en amical (samedi 5 juin à Fürth, ndlr). Il me disait qu’individuellement, avec les Algériens, il pouvait se passer quelque chose à tout moment, mais qu’ils avaient beaucoup de lacunes sur certains postes, avec notamment des attaquants inefficaces et un jeu penchant beaucoup trop sur le côté gauche. Les Slovènes savaient qu’en étant disciplinés à la perte des ballons et en fermant bien les espaces, ils limitaient les risques.
L’Algérie s’est pratiquement battue toute seule, non ?
Oui. Ce match était typique de ce cas de figure. Dans ce genre de rencontres très fermées c’est souvent l’équipe la plus sérieuse et la plus concentrée qui gagne. Et c’est ce qui s’est passé… J’ai bien aimé cette envie de gagner. Par le passé, nous étions déjà rigoureux, avec un jeu très germanique, mais on se laissait aller, et on se contentait de participer. Quelque chose a changé, et c’est de bon augure.
On imagine que ce doit être la fête chez vous, à Ljubljana…
Pas vraiment. Les gens s’attendaient sans doute à gagner ce match, contre l’équipe présentée comme la plus à notre portée du groupe. Cela devrait monter d’un cran lors des prochains matches.
Un dernier mot : on vous a annoncé en contact avec Arles-Avignon, vous confirmez ?
J’ai entendu parler de cette rumeur, mais personne ne m’a appelé. Après six mois en Ligue 1 autrichienne, j’ai pu bien m’étalonner, en jouant contre des équipes comme l’Austria Vienne ou le Red Bull Salzbourg. Cela m’a donné confiance en mes qualités. Je suis retourné dans mon club, mais j’ai une clause libératoire en cas d’offre de l’étranger. J’adorerais revenir en France. La Ligue 2 me semble très intéressante.
Propos recueillis par Patrick Juillard (Rédaction Football365/FootSud)