Les Lions Indomptables auront fait chou blanc jusqu’au bout dans cette Coupe du monde. Leur retour au Cameroun n’a pas déplacé les foules. Reportage.
On attendait de nombreux supporters énervés et le sélectionneur Paul Le Guen avait exigé quelques garanties sur sa sécurité au moment d’arriver au Cameroun. Au final, le retour des Lions Indomptables sur le sol camerounais n’a pas déplacé les foules. A peine une petite vingtaine de supporters avait fait le déplacement pour crier sa colère. « Je suis un élève et nos conditions sont inadmissibles, nous confie l’un d’eux. Et pendant ce temps, on donne de l’argent à des gens qui ne le méritent pas. Les 45 millions (environ 70 000 €) qu’ils ont reçus chacun auraient pu nos aider. »
La déception se lit à travers les messages sur les sommes reçues par les joueurs. « On aurait pu finir le complexe Foé », affirme un supporter. « Qu’ils rendent l’argent qu’ils ont touché », crie un autre. Le tout dans une ambiance qui n’incite pas à la crainte pour les joueurs concernés. « Seul Mbia est venu nous voir, » regrettent-ils. Les mesures de sécurité prises à l’aéroport de Yaoundé Nsimalen étaient disproportionnées et ont empêché tout contact avec les joueurs. Ces derniers, prévus en conférence de presse, ne sont pas finalement venus.
Seul Paul Le Guen est venu devant les rares hommes de médias à s’être déplacés. Durant une vingtaine de minutes, le technicien a réitéré les propos tenus avant de quitter le sol sud-africain. « C’est un échec que j’assume, a-t-il déclaré. J’ai commis quelques erreurs, notamment dans le choix des 23. Je pensais que le groupe serait harmonieux, ce qui n’a pas été le cas. » La vie de groupe n’a pas été plus largement abordée. « J’en dis ce que je veux, pas ce que vous voulez entendre », a poursuivi le futur ex-sélectionneur camerounais avant de quitter le pays. Quant à son groupe, il est reparti à l’hôtel Mont Febe, à peine sifflé à quelques endroits d’une ville en train de regarder le match de l’Espagne. Le Mont Febe, tout un symbole, l’hôtel ayant été abandonné durant l’année dernière. Les observateurs craignent que les Lions, « qui n’ont plus de dents », perdent les moyens et avantages de travail acquis avant la Coupe du monde.
Joseph Djomo, à Yaoundé (Rédaction Football365/FootSud)