« J’ai déjà vécu beaucoup de situations de jeu dans ma vie. C’est la première fois que je vis quelque chose de tel, a avoué Eric Gerets lors de sa conférence de presse d’après-match Les 20 dernières minutes ont été difficiles. Les milieux axiaux se trouvaient face à un homme de plus. J’ai donc mis en place un 4-3-3 que mes joueurs ont maintes fois maîtrisé pour attendre et contrer. Mais en deuxième mi-temps, c’était une bataille, pas du football. La tactique n’entrait plus en ligne de compte. On a joué trop de longs ballons. Sur ce plan, ils étaient supérieurs à nous », a regrette le sélectionneur des Lions de l’Atlas, avant de battre sa coulpe. « Il faut regarder la vérité en face et ne pas se cacher. On est à la maison et on a fait une deuxième mi-temps indigne de l’équipe nationale du Maroc. » Alors que le Maroc pouvait entrevoir une issue heureuse, une fin de match folle a tout fait voler en éclats. Là encore, Eric Gerets n’en revient pas. « Ton coeur bat à 200 à l’heure. Tu es face à une équipe en pleine euphorie, tu ne sais pas ce qui va encore arriver. Pourtant, avec un peu plus de réussite et de sang froid. On pouvait mettre le troisième… » L’ancien entraîneur de l’OM regrettera longtemps le trois contre un mal géré par ses hommes alors que le score était de 2-2...
Mais la page gabonaise est tournée. Eric Gerets songe déjà à son avenir. Alors que des voix ne manqueront pas de s’élever pour réclamer sa tête, le technicien belge espère rester. « Si on me laisse faire mon travail, je continuerai. La décision ne m’appartient pas. Mais s’ils ne sont pas satisfaits des résultats, ils me le diront », a-t-il résumé. La vindicte des médias et des supporters, le vieux Lion est prêt à l’affronter : « Si ça peut aider les joueurs à prendre moins de vent, je suis prêt à tout prendre dans la gueule. » Se projetant déjà vers un avenir qu’il n’écrira pas forcément, Eric Gerets entrevoit un avenir pour cette jeune génération emportée par les coups de griffe des Panthères du Gabon. « Ce match doit servir à préparer l’avenir. Nous allons maintenant voir quelle va être la réaction de ces joueurs, s’ils sont capables de rebondir et d’aller chercher la qualification pour la Coupe du monde 2014. Comme pour tout, seuls les meilleurs survivront », a prévenu Eric Gerets. Sera-t-il parmi ceux-ci ?
Patrick Juillard, à Libreville (Rédaction Football365/FootSud)