Après un début de Championnat raté, le Club Africain a fait sauter un premier fusible, son entraîneur François Bracci, arrivé cet été. Une crise de résultats qui cache un malaise plus profond, voire structurel. Analyse.
Trois journées de Championnat disputées seulement, et voilà que le Club Africain change déjà d’entraîneur ! Exit François Bracci, arrivé en juillet dernier auréolé d’un titre de champion d’Algérie glané à la tête du Mouloudia d’Alger et entré ces derniers jours en conflit avec ses joueurs, par presse interposée ; place au vétéran Mrad Mahjoub, un grand nom des années 90, ancien sélectionneur national (1990-1993) et passé à la tête de la formation clubiste en 2002-2003. Conséquence directe d’un début de saison raté, ce limogeage express du Français est également révélateur d’un malaise plus profond.
Afin de préparer sereinement l’exercice 2010-2011, il aurait fallu du temps. C’est un luxe que le Club Africain, au contraire de ses rivaux espérantistes et étoilistes, n’a plus depuis quelques années. Les intersaisons donne souvent le spectacle d’un club parcouru par les dissenssions. En témoigne la nomination tardive de François Bracci (deux semaines avant la reprise), faute d’accord sur l’identité du coach. Et les choses sont encore aggravées quand la formation de Bab Jedid change de président, comme ce fut le cas cette année. Avec au menu en l’occurrence, la laborieuse succession de Kamel Idir, en poste depuis près de cinq ans, par Jamel Atrous. Suivie du remplacement de ce dernier par le revenant Chérif Bellamine. Désireux de pouvoir compter sur « toute la famille » clubiste, le nouveau boss a surtout déclenché le mécontentement de supporters. Pétitions et groupes hostiles à la nouvelle direction sur les réseaux sociaux, manifestation de mécontentement au Parc A : les fans rouge et blanc se font entendre.
Le début de Championnat ne fera qu’accentuer ce malaise. D’autant que la gestion de l’effectif et du recrutement manquent sérieusement de cohérence. Bénéficiaires d’un bon de sortie et dragués en Europe, deux hommes clés, les milieux Wissem Ben Yahia et Alexis Mendomo, manqueront une grande partie de la préparation, dirigée par Adel Sellimi, le coach adjoint. Avant de finir par rempiler ! Entre temps, le CA a additionné les recrues, et pas toujours à bon escient. Le cas le plus parlant est celui d’Hervé Kambou. Enrôlé pour compenser le départ programmé de Mendomo, cet international olympique ivoirien, passé notamment par Bastia, ne fait pas l’affaire. Seize jours à peine après sa siganture, le voilà qui résilie son contrat, avant, donc, le retour de celui qu’il était supposé remplacer !
Difficile dans ces conditions de faire progresser sereinement un collectif. C’est pourtant la tâche qui attend le successeur de François Bracci. Même si le mercato européen s’achève ce mardi, Mrad Mahjoub n’en a pas tout à fait terminé avec les incertitudes. Le latéral Bilel Ifa a été pris en grippe par les supporters, l’attaquant Mohamed Traoré (21 ans) reste pisté à l’étranger, tandis que le doute plane sur la recrue zimbabwéenne Cuthbert Malajila (Dynamos FC), qui n’est toujours pas qualifiée. Un point positif, un seul : la prochaine journée, avec la réception de l’ES Hammam Sousse, n’est programmée que le 19 septembre. Le Club Africain a enfin un peu de temps devant lui.
Patrick Juillard (Rédaction Football365/FootSud)