Qui, de la Tunisie ou du Gabon, prendra la première place du groupe C de la CAN 2012 ? Le verdict sera connu ce mardi soir, sur le coup de 21 heures, à l’issue de la rencontre que les deux équipes vont livrer au stade la Rénovation de Franceville. Entre le pays hôte du tournoi, poussé par un public enthousiaste et grisé par les excellents résultats obtenus depuis le coup d’envoi de l’épreuve, et un onze tunisien qui avance sans pression, avec un mélange de décontraction et de solidité mentale, qui reviendra à Libreville, tout en évitant le premier du groupe D ? Tel est le principal enjeu de la rencontre, selon Gernot Rohr. « Ça va être un match intéressant, un match magnifique. On a envie de gagner ce match parce qu’on a encore besoin de progresser, besoin de confirmation. On a aussi très envie de rester à Libreville pour ce magnifique public qui nous a soutenus », a indiqué Gernot Rohr.
Pour Sami Trabelsi, son homologue tunisien, c’est davantage « kif-kif ». « Nous pouvons entrer dans l’histoire, en devenant la première génération à remporter ses trois matches du premier tour dans une phase finale », a rappelé le boss des Aigles de Carthage. « Mais si on n’y arrive pas, pas de problème, explique le coach des Aigles. La Tunisie est prête à jouer contre n’importe qu’elle équipe, dans n’importe quel stade, dans n’importe quelle ville, dans n’importe quel pays. » Même sentiment chez Aymen Abdennour. « On prendra ce qui vient, Libreville ou un autre stade, on s’adaptera », a lâché le défenseur central de Toulouse.
Discours de circonstance ? Probablement. Car les Tunisiens ont déclenché une guerre psychologique. Ils ont refusé d’embarquer samedi pour Franceville, estimant que cette localité situé au sud-est du Gabon, n’offrait pas de conditions idoines pour leur séjour. « Ce n’est pas correct de nous envoyer où vous me montrez. Trouver mieux ailleurs, nous ne pouvons pas accepter cela », tempête un intendant de la délégation tunisien dans le hall de l’hôtel Méridien de Libreville devant un membre de la commission d’accueille et d’hébergement. Ce dernier a tenté en vain de le calmer. « Franceville abrite la poule D de cette compétition dont elle est dans le tournoi. On ne va pas réinvestir des moyens particuliers pour le plaisir des Tunisiens. Cette attitude ne me surprend pas. Ils sont coutumiers surtout quand c’est un match contre une équipe locale », commente un membre du COCAN.
Attendus depuis samedi à Franceville, située à un peu plus de 500 km de la capitale politique, Sami Trabelsi et ses hommes ont continué jusqu’à hier lundi à s’entrainer sur le terrain de l’INJS d’Owendo, un faubourg de Libreville où ils ont leurs habitudes. Karim Haggui, le capitaine de l’équipe, et ses coéquipiers ce sont finalement envolés lundi après-midi pour le Haut-Ogooué. « Comme il n’y avait pas assez de chambres, le staff technique et les joueurs sont logés à Bongoville situé à environ 40 km de Franceville, et les encadreurs administratifs ont pris leur quartier à Franceville même », explique Ward Zouheir, l’attaché de presse des Aigles de Carthage. Nonobstant l’enjeu du match, le coach tunisien n’a pas fait mystère de sa volonté de faire tourner son effectif. Ainsi, Anis Boussaïdi, Hocine Ragued, Jamel Saihi voire Wissem Ben Yahia pourraient débuter ce mardi face aux Panthères du Gabon…
Patrick Juillard et Paul Nana, à Libreville (Rédaction Football365/FootSud)